Attention aux excès pourrait
être la morale tirée de la fin de Haendel. Pourtant cet homme passionné a créé dans l'excès de musique mais c'est d'indigestion qu'il est mort.
Anecdotique raison autour de laquelle le Festival de musique baroque de Montréal a dédié son édition 2009 au thème du chocolat, à l'occasion de l'année Haendel.
Musique anglaise essentiellement du XVI au XX°. Il y avait vraiment de bonnes raisons d'y aller!
Le Don Giovanni mis en scène par Laurent Laffargue se joue en ce moment à Rouen. Cette vision du personnage infantile et suicidaire fut largement décriée à sa création en 2002 à Bordeaux puis à
Nancy notamment. Mais du temps a passé, d’autres chanteurs et musiciens ont maintenu cette version, ce décor, ces costumes et vraiment le scandale est loin.
La hardiesse de la programmation n’est pas la caractéristique principale de l’Opéra de Rouencette année. Pour cette version vieille
de 7 ans, le public rouennais n’avait que peu de houhou à renvoyer. Eh bien tant mieux car elle est très bonne.
Le décor et le jeu de cadrage que permettent ces grands blocs marmoréens concentrent le jeu puis l’étale sur toute la scène. Les accessoires, qui
sont des jeux d’enfants, donnent lieu à des exploitations musicales fines comme ce tourniquet qui valorise le quatuor.
Le baryton Henk Neven est particulièrement convaincant. Délirant libertin, au rire fou, aux bonds déroutants. Un petit interview de lui dans Paris Normandie est intéressant à lire.
Il reste 4 représentations, et on peut rentrer à 10 euros au poulailler. Evidemment on voit mal la profondeur de la scène mais on a une vue plongeante sur un orchestre de l’opéra tout à fait
dynamique, mené par Guido Johannes Rumstadt, chef invité.
Allons, il n’y a pas à regretter que la programmation ne soit pas novatrice en 2009. Il parait que ça va changer?
Etonnante cette fécondité créative en cette fin du XVI°
siècle en Angleterre !
Le règne d’ Elisabeth Première favorise les Arts, la souveraine et les grands du royaume y voyant une façon de magnifier leur rôle et leur pays.
Dans le domaine littéraire on pense bien sûr à Shakespeare mais aussi à Marlowe ou Ben Jonson et en musique John Dowland et William Byrd, sont certainement
ceux dont les noms et les oeuvres sont les plus connus aujourd’hui.
Thomas Tallis (1505-1585) dont la carrière a parcouru plusieurs règnes fut sans doute un des maitres de William Byrd (1543 -1623). Ils seront nommés tous deux Gentilshommes de la Chapelle Royale
pour y tenir l’orgue, chanter et composer. La reine leur attribuera conjointement le privilège exclusif d’éditer de la musique.
Dans son prochain concert au temple de Luneray (76), l'ensemble vocal Polychrome se lance dans ce répertoire plutôt différent de la veine baroque suivie depuis plusieurs années en interprétant
une des messes de Byrd et des pièces en anglais et en latin 'selon la religion du souverain sous lequel elles furent écrites) de Thomas Tallis.
Claudio Monteverdi même s'il est évidemment reconnu comme le grand précurseur du courant baroque a aussi écrit dans le style ancien, c'est la cas de l'autre pièce chantée par Polychrome, le
Magnificat à 4 voix (un des deux magnificats tirés de son recueil « la selva morale ») qui s’inscrit plus dans la veine du style ancien pour donner plus de
cohérence à cette programmation rare et originale due à Jan Jeroen Bredewold, nouveau chef.
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