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Mardi 28 mars 2006
La mélodie originale est composée par Martin Luther en même temps que le texte et parait pour la première fois en 1524, édité par Johann Walter (Wintenbergisch Geistlich Gesangbuch Buchleyn).


Luther écrivit le texte d'après l'évangile de Luc, qui relate la présentation de Jésus au temple par Joseph et Marie. Siméon dit alors je peux mourir en paix maintenant que j'ai vu le sauveur. Le texte de Luther dit en fait : en paix et dans la joie je pars là-bas, comme Dieu me l'a promis...la mort est mon repos. Praetorius, Telemann, parmi d'autres moins connus utilisent le thème de Luther.

Buxtehude en 1674 (Bux WV 76) compose une cantate sur ce thème, qui est interprêtée à la mort de son père. Le cantique est exposé par l'alto et développé par la basse en deux parties parallèles, accompagné par des cordes.

Bach utilise plusieurs fois le thème en premier lieu dans la cantate 106 (Actus Tragicus) sans doute écrite en 1707, l' antienne chantée par les alti, ramenant gravité et sérénité après l'exaltation du chant de la basse Heute wirst du mit mir in Paradies sein.

Christophe Chazot sur son site consacré aux différents niveaux de lecture d'oeuvres de Jean Sébastien Bach, précise : Puis les altos du chœur, reprenant et élargissant le registre du soliste, confortent l'âme dans son engagement chrétien par le choral de Martin Luther « Mit Fried und Freud ich fahr dahin » (c'est en paix et en joie que j'entre ici) en valeurs longues et rassurantes. Seules dans ce choral, les notes sur lesquelles sont chantés « Schlaf worden » (devenue mon sommeil) sont prolongées pour insister sur l'évocation du repos : l'entrée au Paradis apparaît bien comme l'accès à une paix harmonieuse, bercée par la mélodie du choral qui se prolonge après que toutes les autres voix se sont tues. (voir le site de Christophe Chazot).

(Voir aussi l'article sur la 106).
Bach a repris ensuite le thème dans 3 oeuvres : 1723, BWV 95, cantate Christus, der ist mein Leben, à la fin du premier passage.

En 1724, BWV 83, cantate Erfreute Zeit im neuen Bunde, la mélodie apparait dans la 5° partie.

La cantate 125 s'intitule directement MIT FRIED UND FREUND ICH FAHR DAHIN et le thème revient dans les mouvements 1, 3 et 6.

Enfin le choral BVW 382.

Par Guy Foulquié - Publié dans : Musique Baroque
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Samedi 25 mars 2006
Je n'ai pas pu assister au concert que m'avait pourtant recommandé Bertrand. Qui pourrait m'en dire plus sur jacques Boyvin? Ci dessous, l'article de présentation du concert.

Orgue, plain-chant et motets au Grand siècle.

Ensemble Vocal de la Maîtrise et les élèves de la classe d'Orgue du Conservatoire.

Les organistes rouennais célèbrent le tricentenaire de la mort de Jacques Boyvin (1653-1706), l'un des plus grands compositeurs classique français pour orgue, célèbre titulaire de la Cathédrale de Rouen à partir de 1674. Une occasion de redécouvrir cette musique fastueuse, colorée, admirablement servie par le seul orgue historique d'ancien régime conservé à Rouen, celui de la Chapelle du CHU Charles Nicolle (1732). Et dans l'admirable acoustique de cette chapelle, les voix de l'ensemble vocal de la Maîtrise du CNR alterneront avec celles de l'orgue, faisant entendre des polyphonies de Dumont, Delalande... Des musiques du siècle du Roi Soleil...

Concert du 10 Mars 2006, Chapelle du CHU Charles Nicolle, à Rouen

Par Guy Foulquié - Publié dans : concert baroque
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Vendredi 10 février 2006
Ce motet en latin de Georg Friedrich Haendel a été donné par Accentus, Laurence Equilbey et l’orchestre de l’Opéra de Rouen en Février 2006.

La pièce met en musique les versets du psaume 109 de la bible, consacré à la geste de David. Ce psaume est particulièrement guerrier. Le seigneur dit à son peuple de siéger à sa droite jusqu’à ce qu’il réduise ses ennemis. En servant dieu pour l'éternité, le seigneur détruira les rois et concassera (conquassebit) les têtes (des ennemis)…puis il boira au torrent et relèvera la tête !

Ce dieu qui défend ainsi ses fidèles est étonnamment moderne, dieu qu’on associe à son parti pour brûler des drapeaux ou des ambassades.

Je me garderai bien de le caricaturer. En fait, Haendel s’en charge trés bien, et le psaume choisi, caché derrière un latin obscur, est une injure à l’humanisme. Cet être qui boit au torrent et relève la tête a tout du loup…


Mais parlons musique. Un choc pour moi que cette découverte. L’expressivité de cette musique est fantastique. Chaque verset a sa force et soulève les âmes. Il faut réfréner ses applaudissements lors de l’interprétation d’ Equilbey et j’ai regretté d’avoir eu tout à entendre à la suite, tant chaque pièce apporte de tension et d’exaltation. A commencer par le Dixit Dominus où l’énergie des chanteurs est sidérante, portée par ces répétitions de Dixit.

Evidemment, le texte, avec sa violence, est un support efficace à cette énergie. Quelques chanteurs d’ Accentus, fondus dans le rang, en sortent pour des interventions solistes, dont un contre ténor hâve et famélique qui a enthousiasmé la salle. Juravit, judicavit, conquassebit…ces verbes répétés, psalmodiés, résonnent et dissonent encore dans mes oreilles avec leur force, leur hardiesse sonore et rythmique.

J’ai acheté la version de Gardiner et retrouvé l’énergie et la force de l’interprétation d’ Accentus mais avec un chœur plus nombreux. La finesse du chœur de L. Equilbey mérite grandement la comparaison. A quand un enregistrement ?

Par Guy Foulquié - Publié dans : concert baroque
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