Dixit Dominus, de Haendel

Publié le par Guy Foulquié

Ce motet en latin de Georg Friedrich Haendel a été donné par Accentus, Laurence Equilbey et l’orchestre de l’Opéra de Rouen en Février 2006.

La pièce met en musique les versets du psaume 109 de la bible, consacré à la geste de David. Ce psaume est particulièrement guerrier. Le seigneur dit à son peuple de siéger à sa droite jusqu’à ce qu’il réduise ses ennemis. En servant dieu pour l'éternité, le seigneur détruira les rois et concassera (conquassebit) les têtes (des ennemis)…puis il boira au torrent et relèvera la tête !

Ce dieu qui défend ainsi ses fidèles est étonnamment moderne, dieu qu’on associe à son parti pour brûler des drapeaux ou des ambassades.

Je me garderai bien de le caricaturer. En fait, Haendel s’en charge trés bien, et le psaume choisi, caché derrière un latin obscur, est une injure à l’humanisme. Cet être qui boit au torrent et relève la tête a tout du loup…


Mais parlons musique. Un choc pour moi que cette découverte. L’expressivité de cette musique est fantastique. Chaque verset a sa force et soulève les âmes. Il faut réfréner ses applaudissements lors de l’interprétation d’ Equilbey et j’ai regretté d’avoir eu tout à entendre à la suite, tant chaque pièce apporte de tension et d’exaltation. A commencer par le Dixit Dominus où l’énergie des chanteurs est sidérante, portée par ces répétitions de Dixit.

Evidemment, le texte, avec sa violence, est un support efficace à cette énergie. Quelques chanteurs d’ Accentus, fondus dans le rang, en sortent pour des interventions solistes, dont un contre ténor hâve et famélique qui a enthousiasmé la salle. Juravit, judicavit, conquassebit…ces verbes répétés, psalmodiés, résonnent et dissonent encore dans mes oreilles avec leur force, leur hardiesse sonore et rythmique.

J’ai acheté la version de Gardiner et retrouvé l’énergie et la force de l’interprétation d’ Accentus mais avec un chœur plus nombreux. La finesse du chœur de L. Equilbey mérite grandement la comparaison. A quand un enregistrement ?

Publié dans concert baroque

Commenter cet article

Guy Foulquié 04/06/2006 22:02

le Dixit Dominus de Haendel est utilisé par NanniMoretti dans le film Le Caïman, une charge contre certain président du conseil italien que je n'ai pas envie de nommer pour lui faire de la pub. Le choeur où chante la femme du producteur héros du film démarre le Dixit Dominus quant le producteur, rongé de jalousie, monte sur scène et interrompt l'éxécution, dans une décapilotade de notes effrayante.