MIT FRIED UND FREUND ICH FAHR DAHIN

Publié le par Guy Foulquié

La mélodie originale est composée par Martin Luther en même temps que le texte et parait pour la première fois en 1524, édité par Johann Walter (Wintenbergisch Geistlich Gesangbuch Buchleyn).


Luther écrivit le texte d'après l'évangile de Luc, qui relate la présentation de Jésus au temple par Joseph et Marie. Siméon dit alors je peux mourir en paix maintenant que j'ai vu le sauveur. Le texte de Luther dit en fait : en paix et dans la joie je pars là-bas, comme Dieu me l'a promis...la mort est mon repos. Praetorius, Telemann, parmi d'autres moins connus utilisent le thème de Luther.

Buxtehude en 1674 (Bux WV 76) compose une cantate sur ce thème, qui est interprêtée à la mort de son père. Le cantique est exposé par l'alto et développé par la basse en deux parties parallèles, accompagné par des cordes.

Bach utilise plusieurs fois le thème en premier lieu dans la cantate 106 (Actus Tragicus) sans doute écrite en 1707, l' antienne chantée par les alti, ramenant gravité et sérénité après l'exaltation du chant de la basse Heute wirst du mit mir in Paradies sein.

Christophe Chazot sur son site consacré aux différents niveaux de lecture d'oeuvres de Jean Sébastien Bach, précise : Puis les altos du chœur, reprenant et élargissant le registre du soliste, confortent l'âme dans son engagement chrétien par le choral de Martin Luther « Mit Fried und Freud ich fahr dahin » (c'est en paix et en joie que j'entre ici) en valeurs longues et rassurantes. Seules dans ce choral, les notes sur lesquelles sont chantés « Schlaf worden » (devenue mon sommeil) sont prolongées pour insister sur l'évocation du repos : l'entrée au Paradis apparaît bien comme l'accès à une paix harmonieuse, bercée par la mélodie du choral qui se prolonge après que toutes les autres voix se sont tues. (voir le site de Christophe Chazot).

(Voir aussi l'article sur la 106).
Bach a repris ensuite le thème dans 3 oeuvres : 1723, BWV 95, cantate Christus, der ist mein Leben, à la fin du premier passage.

En 1724, BWV 83, cantate Erfreute Zeit im neuen Bunde, la mélodie apparait dans la 5° partie.

La cantate 125 s'intitule directement MIT FRIED UND FREUND ICH FAHR DAHIN et le thème revient dans les mouvements 1, 3 et 6.

Enfin le choral BVW 382.

Publié dans Musique Baroque

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