ZAIDE

Publié le par Guy Foulquié

L'Opéra de Rouen -confiné dans l'amphi de l'INSA pendant les travaux- a présenté ZAIDE, opéra tronqué et trés peu donné de Mozart. Tronqué parce que les textes des récitatifs ont disparu, parce qu'il n'y a pas d'ouverture, parce qu'il n'y a pas ni happy end ni fin tragique...on reste suspendu à la décision du sultan : condamne t'il vraiment Zaide, coupable d'avoir tenté de fuir son harem? Car il s'agit d'une turquerie, et on retrouve là les prémisses de l'Enlèvement au Sérail.

Peu importe cette genèse car le plaisir était contemporain (concert du mois de Janvier), avec la version qu'en a donné la troupe menée par Oswald Sallaberger.

Vraiment, de troupe il s'agit, constituée de 5 jeunes chanteurs, d'un orchestre entier posé sur la scène puisque l'amphi y oblige et surtout de la dramaturge et metteur en scène que l'on a pas vue au moment des applaudissements mais qui méritait sa part du succès. Emmanuelle Cordoliani a réécrit les récitatifs manquants, redonnant sens à la succession d'arias et jouant avec le peu d'espace disponible et l'énergie des chanteurs pour rendre cette version de concert si vivante.

Et cela avec des riens, quelques vêtements, du rouge qui effleure une veste, des petits morceaux de papier brillant, et un vrai jeu d'acteur pour ces personnages qui souffrent, qui s'emportent ou qui s'aiment dans leurs gestes et leurs mimiques. J'ai pensé à Schikeneder, le partenaire, librettitste, impresario de Mozart : l'histrion aurait été réincarné?

il y avait donc à voir pour ce ZAIDE. Et pour l'oreille?


Difficile d'équilibrer une voix derrière un orchestre quand celui ci n'est pas dans une fosse. Malgré cet handicap les chanteurs sont remarquables. Des solos émouvants, un trio qui termine le premier acte, endiablé et même jouissif. Un Soliman magnifique et le bouffon basse qui n'a qu'un air à chanter l'a remarquablement fait. Le quatuor était peut être un peu plus faible. Mais dans une musique aussi riche...En fait on ne connait pas les airs de ZAIDE mais on les reconnait tous, parce qu'ils rappellent des airs dans la Flûte enchantée ou Cosi ou Don Giovanni...

Et maintenant, nous voilà contraint de continuer l'abonnement au théâtre des Arts. Ach! Oswald, tu nous auras encore!

Publié dans concert baroque

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