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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 06:47
Le cinéma Le Melville vit en pleine gloire du 23° Festival Nordique. Des salles pleines, des échanges avant, après, parfois pendant les séances. Des fanatiques qui enchainent les films comme saisis d'une boulimie d'images. Comme si c'était le dernier festival ausi, puisque les organisateurs sont propriétaires du Melville et que celui ci est menacé de disparition. (voir le blog de l'association de soutien : http://sauvonslemelville.over-blog.com/)

Ce n'est pas un sujet nouveau, chaque génération, chaque lieu de culture est toujours en danger...Extrait de l'autobiographie de Stefan Zweig, "le monde d'hier" à propos des lieux tant aimés qui ferment :
"

…Nous-mêmes n’eûmes pas une conduite beaucoup plus raisonnable quand on démolit la salle dite de Bösendorf.

En elle-même, cette salle de concert exclusivement réservée à la musique de chambre était une construction sans aucun intérêt, sans caractère artistique ; ancien manège du prince Lichtenstein, elle n’avait été adaptée à des fins musicales que par un fin lambrissage de bois dépourvu de totu apparat. Mais elle avait la résonnance d’un violon ancien, elle était pour les amateurs de musique un lieu sanctifié parce que Chopin et Brahms, Lizst et Rubinstein y avaient donné des concerts et que nombre des plus célèbres quatuors y avaient été joués pour la première fois ; et maintenant, il lui fallait laiser la place à un nouvel édifice purement utilitaire ; pour nous qui y avions vécu des heures inoubliables, c’était inconcevable. Quand expirèrent les dernières mesures de Beethoven, joué plus divinement que jamais par le quatuor Rosé, personne ne quitta sa place. Nous applaudissions à grand bruit, quelques femmes sanglotaient d’émotion, personne ne voulait admettre que ce fut un adieu à jamais. On éteignit les lumières de la salle pour nous chasser. Pas un des quatre ou cinq cents fanatiques ne se leva. Nous demeurâmes une demi-heure, une heure, comme si nous pouvions par la force de notre seule présence obtenir que ce vieil espace fût sauvé. Et comme nous nous sommes battus, nous autres, étudiants, multipliant pétitions, manifestations, articles dans les journaux, pour que la maison mortuaire de Beethoven ne fut pas détruite ! Chacune de ces demeures historiques, à Vienne, était pour nous un peu d’âme qu’on nous arrachait du corps."

 

Bosendorf.jpgLe Bösendorf était la salle aménagée à Vienne par le grand fabricant de piano Bösendorfer et qui fut démolie en 1913. ( voir le site de la marque de piano qui existe, elle, encore : http://www.boesendorfer.com/en/history.html)

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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 09:04
Le choeur de l'Opéra est un ensemble de chanteurs professionnels dirigés par Daniel Bargier, associé aux productions de l'Opéra. La présidence de l'établissement public est assurée par le président du conseil régional de Haute Normandie,  Monsieur Le Vern. Les chanteurs sont inquiets pour le devenir de leur structure dont la remise en cause serait en cours et ont fait paraitre une lettre ouverte que voici :

Lettre ouverte à Monsieur le Président de Région,

Président de l'EPCC Opéra de Rouen/Haute-Normandie

Monsieur le Président,

QUEL AVENIR POUR LE CHOEUR DE L’OPERA DE ROUEN, SES CHANTEURS ET LEUR CHEF ?

A l’heure où le monde de la culture est en crise, où les politiques locales sont en souffrance et où les artistes sont déconsidérés, nous nous permettons de vous faire part de notre vive inquiétude s’agissant de l’avenir du Choeur de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie.

 

NOTRE HISTOIRE : 10 ans de construction unitaire et solidaire

Fort d’une expérience de plus de 10 ans, ce Choeur, créé dans le cadre du projet Léonard de Vinci, et chapeauté à ses débuts par le Choeur de Chambre Accentus dirigé par Laurence Equilbey, vole depuis 2006 de ses propres ailes, sous la direction de Daniel Bargier (chef référent) et de Gildas Pungier.

Quatre à cinq fois par an, il permet à un large public normand exigeant d’entendre se produire sur leur scène une cinquantaine de chanteurs originaires du quart nord-ouest du pays, dont un bon nombre de Normands (de Rouen, Elbeuf, Vernon, Yvetot, Caen, Neufchâtel, Le Havre…). Certaines productions qui partent en tournée (comme Les noces de Figaro, en mars 2010, à Versailles) donnent également au Choeur l’occasion de faire apprécier la qualité de son travail hors de la Région.

Ces chanteurs et leur chef référent, qui résident sur place, enseignent dans nos écoles de musique et conservatoires ou notre université. Acteurs du tissu associatif régional, ils sensibilisent les jeunes haut-normands au monde de la culture, en initiant de nombreux projets.

Or, nous apprenons aujourd’hui que tout serait remis en question: Accentus, dont la résidence onéreuse ne serait pas assez visible, se verrait confier la gestion du Choeur de l'Opéra.

Ce futur Choeur (lyrique ?), qui serait mis en place dès la saison prochaine, et qui s’appellerait « Accentus/Opéra », ne serait pas dirigé par Laurence Equilbey, mais confié à des chefs invités, dont sont d'ores et déjà exclus ses chefs actuels. Il proposerait également ses services à d'autres maisons d'opéra qui, comme à Rouen, ne disposent pas d'un chœur permanent, sans se soucier des chanteurs intermittents du spectacle habitués à s'y produire.

 

NOS INTERROGATIONS : Quel nouveau Choeur Accentus, avec quels chanteurs, pour quel budget exorbitant ?

1- Pourquoi ne pas poursuivre la construction de ce Choeur sur la lancée des 10 dernières années ? En quoi ce long travail amorcé par les chanteurs et leur chef a-t-il pêché ?

La décision fait-elle suite à une expertise d’ordre artistique ou d’ordre politique ? Faut-il vraiment démanteler ce groupe qui oeuvre avec bonheur au service de sa Région pour le remplacer par un label, certes de grand prestige et de renommée internationale, mais dont les retombées, si discrètes entre 1998 et 2006 pour Rouen et la Région, paraissent toujours aléatoires aujourd'hui?

 

2- D'autant que le nouvel intitulé ne mentionne ni Rouen ni la Haute-Normandie.

Cela signifie-t-il que le nouveau Choeur et son chef, malgré un budget conséquent, n’en revendiquent pas, donc n’en assumeront pas la représentation ? Pourquoi taire cette « identité » régionale ? Quel intérêt pour vous de financer un choeur itinérant s'il ne semble pas vouloir porter l'image de votre Région?

 

3- Qui en a décidé ainsi, et est-ce que la décision est définitive ?

 

4- Le pilotage d’« Accentus » signifie-t-il que les chanteurs (et les chefs …) de ce nouvel ensemble seront rémunérés aux tarifs pratiqués actuellement par ce choeur prestigieux (sans oublier les frais de déplacement, de restauration et d’hôtellerie occasionnés par la venue de ces artistes parisiens) ?

Si tel est le cas, les contribuables locaux seront-ils clairement informés, et ce avant les élections régionales de mars prochain, du surcoût occasionné par cette gérance?

La Ville de Rouen se désengageant de l’Opéra, la Région peut-elle aujourd’hui supporter seule le poids d'une telle gestion? Comment pourrez-vous la financer alors que les moyens seront a priori en diminution ? En réduisant le nombre de productions?

Cette politique culturelle qui condamne sans préavis ni justification les acteurs et les initiatives qui forgent depuis tant d'années l’âme et le succès de l’Opéra de Rouen est-elle digne de la gauche que vous représentez, supposée défendre l’égalité, la diversité, la justice, les valeurs artistiques et humaines, la solidarité, la fraternité, mais aussi une utilisation raisonnée des fonds publics ?...

 

5- Nous avons appris que nous serions ré-auditionnés avant la fin du mois de février.

Nous sommes disposés à nous y préparer, afin que Frédéric Roels, désormais Directeur de l'Opéra de Rouen/Haute-Normandie, puisse nous entendre individuellement. Cependant, à ce jour (28 janvier), aucune convocation ne nous est parvenue précisant les modalités de cette épreuve ainsi que la date de proclamation des résultats.

En décembre dernier déjà, une audition spécifique a été organisée : il s’agissait de sélectionner quatre chanteurs de moins de 30 ans pour constituer un quatuor de solistes. Les semaines passent et le résultat n'est toujours pas diffusé…

Nous espérons, Monsieur le Président, que vous serez sensible à nos inquiétudes et que vous nous ferez l’honneur de nous répondre et/ou de nous accorder un entretien.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre respectueuse

considération,

Le Collectif des chanteurs du Choeur de l’Opéra de Rouen,

collchanteur.opderouen@hotmail.fr

 


Décidément les décisions politiques dans le doamine culturel à Rouen semblent prises de manière autocratique et pour le moins sans concertation (voir les problèmes du cinéma d'art et d'essai sur http://sauvonslemelville.over-blog.com/

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