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concert baroque

Vendredi 10 février 2006
Ce motet en latin de Georg Friedrich Haendel a été donné par Accentus, Laurence Equilbey et l’orchestre de l’Opéra de Rouen en Février 2006.

La pièce met en musique les versets du psaume 109 de la bible, consacré à la geste de David. Ce psaume est particulièrement guerrier. Le seigneur dit à son peuple de siéger à sa droite jusqu’à ce qu’il réduise ses ennemis. En servant dieu pour l'éternité, le seigneur détruira les rois et concassera (conquassebit) les têtes (des ennemis)…puis il boira au torrent et relèvera la tête !

Ce dieu qui défend ainsi ses fidèles est étonnamment moderne, dieu qu’on associe à son parti pour brûler des drapeaux ou des ambassades.

Je me garderai bien de le caricaturer. En fait, Haendel s’en charge trés bien, et le psaume choisi, caché derrière un latin obscur, est une injure à l’humanisme. Cet être qui boit au torrent et relève la tête a tout du loup…


Mais parlons musique. Un choc pour moi que cette découverte. L’expressivité de cette musique est fantastique. Chaque verset a sa force et soulève les âmes. Il faut réfréner ses applaudissements lors de l’interprétation d’ Equilbey et j’ai regretté d’avoir eu tout à entendre à la suite, tant chaque pièce apporte de tension et d’exaltation. A commencer par le Dixit Dominus où l’énergie des chanteurs est sidérante, portée par ces répétitions de Dixit.

Evidemment, le texte, avec sa violence, est un support efficace à cette énergie. Quelques chanteurs d’ Accentus, fondus dans le rang, en sortent pour des interventions solistes, dont un contre ténor hâve et famélique qui a enthousiasmé la salle. Juravit, judicavit, conquassebit…ces verbes répétés, psalmodiés, résonnent et dissonent encore dans mes oreilles avec leur force, leur hardiesse sonore et rythmique.

J’ai acheté la version de Gardiner et retrouvé l’énergie et la force de l’interprétation d’ Accentus mais avec un chœur plus nombreux. La finesse du chœur de L. Equilbey mérite grandement la comparaison. A quand un enregistrement ?

Par Guy Foulquié
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Samedi 25 mars 2006
Je n'ai pas pu assister au concert que m'avait pourtant recommandé Bertrand. Qui pourrait m'en dire plus sur jacques Boyvin? Ci dessous, l'article de présentation du concert.

Orgue, plain-chant et motets au Grand siècle.

Ensemble Vocal de la Maîtrise et les élèves de la classe d'Orgue du Conservatoire.

Les organistes rouennais célèbrent le tricentenaire de la mort de Jacques Boyvin (1653-1706), l'un des plus grands compositeurs classique français pour orgue, célèbre titulaire de la Cathédrale de Rouen à partir de 1674. Une occasion de redécouvrir cette musique fastueuse, colorée, admirablement servie par le seul orgue historique d'ancien régime conservé à Rouen, celui de la Chapelle du CHU Charles Nicolle (1732). Et dans l'admirable acoustique de cette chapelle, les voix de l'ensemble vocal de la Maîtrise du CNR alterneront avec celles de l'orgue, faisant entendre des polyphonies de Dumont, Delalande... Des musiques du siècle du Roi Soleil...

Concert du 10 Mars 2006, Chapelle du CHU Charles Nicolle, à Rouen

Par Guy Foulquié
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Mardi 28 mars 2006
L'Opéra de Rouen -confiné dans l'amphi de l'INSA pendant les travaux- a présenté ZAIDE, opéra tronqué et trés peu donné de Mozart. Tronqué parce que les textes des récitatifs ont disparu, parce qu'il n'y a pas d'ouverture, parce qu'il n'y a pas ni happy end ni fin tragique...on reste suspendu à la décision du sultan : condamne t'il vraiment Zaide, coupable d'avoir tenté de fuir son harem? Car il s'agit d'une turquerie, et on retrouve là les prémisses de l'Enlèvement au Sérail.

Peu importe cette genèse car le plaisir était contemporain (concert du mois de Janvier), avec la version qu'en a donné la troupe menée par Oswald Sallaberger.

Vraiment, de troupe il s'agit, constituée de 5 jeunes chanteurs, d'un orchestre entier posé sur la scène puisque l'amphi y oblige et surtout de la dramaturge et metteur en scène que l'on a pas vue au moment des applaudissements mais qui méritait sa part du succès. Emmanuelle Cordoliani a réécrit les récitatifs manquants, redonnant sens à la succession d'arias et jouant avec le peu d'espace disponible et l'énergie des chanteurs pour rendre cette version de concert si vivante.

Et cela avec des riens, quelques vêtements, du rouge qui effleure une veste, des petits morceaux de papier brillant, et un vrai jeu d'acteur pour ces personnages qui souffrent, qui s'emportent ou qui s'aiment dans leurs gestes et leurs mimiques. J'ai pensé à Schikeneder, le partenaire, librettitste, impresario de Mozart : l'histrion aurait été réincarné?

il y avait donc à voir pour ce ZAIDE. Et pour l'oreille?


Difficile d'équilibrer une voix derrière un orchestre quand celui ci n'est pas dans une fosse. Malgré cet handicap les chanteurs sont remarquables. Des solos émouvants, un trio qui termine le premier acte, endiablé et même jouissif. Un Soliman magnifique et le bouffon basse qui n'a qu'un air à chanter l'a remarquablement fait. Le quatuor était peut être un peu plus faible. Mais dans une musique aussi riche...En fait on ne connait pas les airs de ZAIDE mais on les reconnait tous, parce qu'ils rappellent des airs dans la Flûte enchantée ou Cosi ou Don Giovanni...

Et maintenant, nous voilà contraint de continuer l'abonnement au théâtre des Arts. Ach! Oswald, tu nous auras encore!

Par Guy Foulquié
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