La pièce met en musique les versets du psaume 109 de la bible, consacré à la geste de David. Ce psaume est particulièrement guerrier. Le seigneur dit à son peuple de siéger à sa droite jusquà ce quil réduise ses ennemis. En servant dieu pour l'éternité, le seigneur détruira les rois et concassera (conquassebit) les têtes (des ennemis) puis il boira au torrent et relèvera la tête !
Ce dieu qui défend ainsi ses fidèles est étonnamment moderne, dieu quon associe à son parti pour brûler des drapeaux ou des ambassades.
Je me garderai bien de le caricaturer. En fait, Haendel sen charge trés bien, et le psaume choisi, caché derrière un latin obscur, est une injure à lhumanisme. Cet être qui boit au torrent et relève la tête a tout du loup
Mais parlons musique.
Un choc pour moi que cette découverte. Lexpressivité de cette musique est fantastique. Chaque verset a sa force et soulève les âmes. Il faut réfréner ses applaudissements lors de linterprétation d Equilbey et jai regretté davoir eu tout à entendre à la suite, tant chaque pièce apporte de tension et dexaltation. A commencer par le Dixit Dominus où lénergie des chanteurs est sidérante, portée par ces répétitions de Dixit.
Evidemment, le texte, avec sa violence, est un support efficace à cette énergie. Quelques chanteurs d Accentus, fondus dans le rang, en sortent pour des interventions solistes, dont un contre ténor hâve et famélique qui a enthousiasmé la salle. Juravit, judicavit, conquassebit ces verbes répétés, psalmodiés, résonnent et dissonent encore dans mes oreilles avec leur force, leur hardiesse sonore et rythmique.
Jai acheté la version de Gardiner et retrouvé lénergie et la force de linterprétation d Accentus mais avec un chur plus nombreux. La finesse du chur de L. Equilbey mérite grandement la comparaison. A quand un enregistrement ?
LE BAROQUE SUR LA TOILE

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